Les consultants de la société Philoé Conseil ont une solide expérience des développements de la téléassistance et des systèmes d’alerte pour les personnes âgées en France


Téléassistance mobile et alarme sénior

Nous assistons ces derniers mois à des évolutions technologiques importantes et aussi à une modification profonde des modèles économiques et de distribution.

Nous vous proposons ici, une mise en perspective de ces évolutions de la téléassistance.

Les usages de la fonction de téléassistance et d’appel d’urgence

A l’origine du développement de la téléassistance dans les années 1970, les ingénieurs électroniciens ont réutilisé un composant assez ordinaire dénommé «contact sec» utilisé communément pour déclencher une alarme bâtiment (contact ouverture de porte). Ils travaillaient pour le compte de sociétés de surveillance de bâtiments industriels et de protection contre le cambriolage des agences bancaires. Dans le même temps, les sociétés d’assurances ont recommandé l’usage de systèmes d’alerte électroniques utilisant les réseaux de télécommunication et ont défini des normes de qualité et d’installation de ces dispositifs « Normes APSAD » pour stabiliser le cadre de leur prise en charge des sinistres.

Le développement de l’assistance aux personnes âgées à domicile dans les années 1980 s’est fait avec ces mêmes électroniciens qui ont développé un « bip portatif » connecté en radio 433 Mhz (fréquence radio des badges d’ouverture de porte de parking) à une centrale d’alarme raccordée sur le réseau analogique de télécommunication en France. Mais simultanément d’autres ont fait de même en Europe. Quelques associations locales d’aide aux personnes âgées avec le soutien des Centres Communaux d’Actions Sociales des collectivités locales se sont intéressées à ces technologies pour concevoir un nouveau service à distance avec des matériels installés au domicile des personnes âgées et un plateau de réponse téléphonique disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Dans le même temps, les sociétés privées d’assurances françaises ont développé elles aussi des plateaux d’assistance téléphonique pour accompagner leurs clients en toutes circonstances (vacances, auto, pertes ou vol de carte bleue, IARD, et… rapatriement santé). En parallèle, elles ont proposé une offre d’assistance aux personnes âgées dans le cadre d’appel d’offres des collectivités locales.

Les chiffres clés de la téléassistance

Age moyen de souscription à la téléassistance = 84 ans.

  • Durée moyenne d’utilisation = 3-4 ans (soit un renouvellement de 25% par an).
  • Nombre estimé d’abonnés à la téléassistance en France = 300 000 usagers.
  • Nombre estimé de personnes en perte d’autonomie à domicile en France = 1,4 million.
  • Croissance du nombre d’abonnements = 3 à 5 %/an.
  • Abonnement mensuel grand public = 30 – 35 € TTC (TVA 19,6%).
  • Abonnement mensuel des collectivités locales sous condition de ressources = 0 à 20 € TTC.
  • Les leaders du marché français = Présence Verte envir. 70 000 et Mondial-GTS envir. 60 000.

Le principe de fonctionnement de la téléassistance

  • Un médaillon ou un bracelet avec en face avant, un bouton-poussoir, à l’intérieur du médaillon, un « contact sec », une pile-bouton (autonomie 2 ans), un émetteur radio 433 ou 868 Mhz d’une portée de 150m, activé à la demande (appuis sur le bouton-poussoir) vers un boitier-centrale d’alarme raccordé sur le réseau analogique de télécommunication. Il existe un agrément technologique pour ces matériels de téléassistance : ETSI – EN300 220 V2.1.1 Classe 1 depuis 01/01/2008.
  • Une centrale d’alarme au domicile avec une fonction réception du signal radio du médaillon, une fonction numéroteur automatique sur la ligne téléphonique (le numéro de téléphone est préprogrammé à l’installation), une fonction de transmission d’une série de signaux en Fréquence Vocale FV dans la bande passante 300-3400 Hz (essentiel pour bien identifier la personne qui appelle des secours). Une alimentation secteur et une batterie de secours 6 à 12 heures, une fonction de test technique et d’appel automatique discret de contrôle technique. Le cout de communications est porté sur l’abonnement téléphonique du domicile.
  • Une baie technique de réception des appels téléphoniques chez le téléassisteur. La centrale d’alarme du domicile, une fois connecté transmet, les informations d’identification de l’appelant en utilisant un protocole de communication (code DTMF)
  • Le centre de téléassistance est équipé d’un logiciel de gestion des appels et de suivi des interventions compatible avec les centrales d’alarme du domicile. Les plus connus en France, sont fournis par les sociétés Azur Soft, ESI, Bosch…
  • Une équipe de permanenciers présents H24 7jour/7 (soit 5-7 personnes employées pour être certain de traiter au moins un appel à tout moment du jour ou de la nuit)
  • Le permanencier dispose d’un dossier personnel de la personne âgée avec les coordonnées des personnes à prévenir sur place, de la personne qui dispose des clés d’accès au domicile, de la liste des services d’urgence (le dossier de la personne âgée comprend souvent un volet médical qui ne peut être consulté que par un médecin)
  • L’appel d’urgence d’une personne âgée à domicile est parfois lourd de conséquences. Le centre de téléassistance enregistre la traçabilité et enregistrement vocal des appels sur la plateforme pour pouvoir vérifier ensuite le dérouler des événements passés. Un contrôle technique « rondier souvent 1 fois par semaine » et de l’usure des piles bouton sont transmis régulièrement par les centrales d’alarme du domicile via la ligne téléphonique vers le plateau de téléassistance pour que le permanencier puisse prendre les mesures correctrices à apporter si besoin sur l’équipement du domicile.
  • Les téléassisteurs réalisent à intervalle régulier (envir. 1 fois par mois) un appel de convivialité auprès de chaque abonné pour vérifier que les matériels fonctionnent bien et que la personne garde bien son médaillon sur elle en toute circonstance pour garantir sa sécurité en cas d’urgence. (on estime souvent que 30 % des médaillons restent sur les tables de nuit des personnes âgées qui trouvent cet accessoire stigmatisant de leur dépendance.)

Analyse des risques

La téléassistance est une solution palliative et limitée pour retarder le plus possible le départ en maison de retraite, mais l’on peut identifier plusieurs défauts tout au long du processus :

  • L’usager doit appuyer sur le bouton (il est conscient que cela aura des conséquences).
  • L’équipement à domicile doit être opérationnel (prise de courant débranchée…).
  • Le réseau téléphonique doit acheminer l’appel vers le centre de téléassistance.
  • Le permanencier doit être disponible pour cet appel (assez nombreux sur le plateau).
  • Les bénévoles de proximité doivent être disponibles (et répondre aux appels).

Les usages alternatifs ou complémentaires de la téléassistance

a) Les téléphones avec mémoire de numérotation et bracelet d’alerte

  • Avantages : Achat d’un matériel et absence d’abonnement de téléassistance.
  • Inconvénients : Il faut organiser la disponibilité des proches et famille.

b) Les capteurs et systèmes d’alerte au domicile

  • Capteurs de chute (accéléromètre, immobilité, horizontalité, …)
  • Capteurs de constantes environnementales (canicules, grands froids, …)
  • Capteurs de constantes physiologiques (température corporelle, …)
  • Systèmes d’analyse comportementale (analyse comparée des variations d’activité)

c) La téléphonie mobile permet d’aller au-delà des limites du domicile (150 m)

  • Les réseaux ADSL et le dégroupage total sont perturbants pour la téléassistance car les opérateurs ne s’engagent pas sur des offres économiques et fiables au domicile.
  • Les offres sur mobile GSM sont les évolutions les plus intéressantes actuellement.

La téléassistance bénéficie d’avantages fiscaux liés aux services à la personne (loi Borloo)

La téléassistance est identifiée « activité 21 » des services à la personne (Décret nº 2007-854 du 14 mai 2007) et permet à l’usager de bénéficier à ce titre d’une réduction d’impôt (dans une enveloppe globale égale à 50% des dépenses engagées à concurrence d’un plafond de 12 000 euros pour une personne valide et 20 000 euros/an pour une personne handicapée ou ayant à charge une personne invalide).

Définition de l’activité 21 : « activités qui concou



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